Développement sexuel : expérimenter son être.

La sexualité fait partie intégrante de notre être, car nous naissons sexué.e. Se couper d’elle, l’ignorer, c’est passer à côté de l’expérimentation de la vie humaine, la déconnexion de soi et une longue quête de complétude.

L’enfant, dans son développement, appréhende les différentes parties de son corps, avec curiosité et enthousiasme. La bouche et la peau sont les premiers organes les plus sensibles avec lesquels l’enfant va découvrir le monde. Les soins apportés aux parties intimes lors d’un change font partie des premières expériences concernant ses organes génitaux. Progressivement, avec l’introduction à de la nourriture solide, l’acquisition de la continence, la recherche d’autonomie pour se laver, et la découverte des premières sensations liées à l’auto-stimulation, l’enfant va étoffer sa représentation de lui-même et son terrain sensoriel.

Le regard et le comportement de l’adulte par rapport à l’enfant est déterminant.

Le développement sexuel est la partie la plus méconnue et taboue de l’enfance, reléguée à un “extra”, ou à quelque chose de problématique. Pourtant, elle fait partie des besoins physiologiques d’un être humain, pas en tant que besoin de se reproduire, mais en tant qu’expérimentation de soi.

Quelqu’un qui ne peut pas communiquer sur ses besoins sexuels est quelqu’un qui est coupé de ses sensations. De sa joie, de sa créativité. Quelqu’un qui a été agressé sexuellement, est profondément touché dans son être et dans sa source de vie.

Accepter certains comportements liés aux sens (goûter des nouveaux aliments par exemple) mais pas d’autres (être curieux.e de comment on fait les bébés par exemple) envoi le signal que toutes les facettes de l’être humain ne sont pas bonnes à prendre. Qu’il y a des parties de nous qui sont problématiques.

C’est souvent là qu’apparaissent les questions, les angoisses et les comportements sexuels, car l’enfant se retrouve avec un vide qu’il doit combler. Tout ce qui concerne la sexualité - ou psychosexualité - ne demande pas d’être mis de côté “en attendant le bon moment”, cela demande de poser un cadre, dès les premiers jours de vie.

Consentement, limites corporelles, respect de l’intimité, pudeur... Ce cadre évolue avec l’enfant et l’accompagne tout le long de sa vie.

👥 Parents : informez-vous et revoyez vos croyances sur le sujet pour accompagner au mieux votre enfant. Proposez des ressources et introduisez le sujet du corps et du respect de soi au plus tôt, pour renforcer le rapport à soi de vos enfants, pour prévenir les violences sexuelles et pour signifier à vos enfants que vous êtes une personne ressource vers laquelle ils peuvent se tourner.

🚸 Établissements scolaires et collectifs : soyez aguerris des phases de développement des enfants et repérez les comportements sexuels. Sachez différencier les comportements sexuels sains/normaux des problématiques/précoces et adaptez votre posture face à eux. Vous garantissez ainsi une vie en communauté respectueuse des un.e.s et des autres et pouvez détectez rapidement les enfants victimes de violences sexuelles (1 enfant sur 5) et agir en conséquence.

🛝 Professionnel.le.s de l’enfance: ajoutez à votre savoir-faire la prise en charge des enfants dans le respect de leur intégrité physique et morale. Le consentement et le soin au corps permettent d’apporter de la sécurité à l’enfant et de pratiquer votre activité dans un cadre de confiance. Vous pouvez aussi détecter les traces de violences et violences sexuelles et agir en conséquence, ainsi que prendre en charge un enfant qui a été victime et qui présente des traumatismes.

❤️‍🩹 Adultes : s’approprier ou se réapproprier son corps et ses sens est tout un chemin. Mais un chemin merveilleux qui apporte joie et légèreté. L’Eros, c’est la source de l’Amour et l’Amour est partout. Apprendre à le voir permet une reconnexion à l’origine de ce qu’est l’être humain = le fruit de l’Amour. Vous avez besoin de plus de joie dans votre vie.