C'est quoi le programme EVARS?
Mis en application par arrêté depuis la rentrée 2025, le programme evar (evars à partir du collège où les questions autour de la sexualité commencent à émerger) est pourtant inscrite dans la loi depuis 2001.
Voyons ici, en quoi consiste ce programme et pourquoi, en tant que société et en tant qu'individu, nous avons tout intérêt à l'appliquer.
Qu'est-ce que le programme EVAR ?
Définition et contexte
Le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle a été pensé dans le cadre de la loi de 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception. Il est prévu que 3 séances obligatoires d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (à partir du collège), soient dispensées dans les écoles aux élèves, de la maternelle au lycée.
Ce n'est qu'entre 2023 et 2024 (probablement que c'est une conséquence à la sortie du rapport de la CIVIISE sorti en 2023) que le Conseil supérieur des programmes a élaboré un programme combinant plusieurs matières et objectifs en accord avec les objectifs du ministère de l’Éducation Nationale et la loi de 2001.
Pour moi l'application de ce programme est accélérée dans un contexte où les violences sexuelles sur les enfants sont de plus en plus entendues, où elles sont chiffrées et étudiées. Le programme evars est un outil de prévention efficace car il a été mis en œuvre dans d'autres pays où il a fait ses preuves.
Observations à l'international
Bien avant la France, différents programmes ont été testés et mis en place dans plusieurs pays. L'UNESCO a publié un rapport sur le sujet. Nous pouvons aussi trouver sur leur site, un article sur l'ECS, éducation complète à la sexualité.
Un des enseignements à retenir sur ces différentes mises en œuvre, est que l'éducation à la sexualité apporte des bénéfices du point de vue de la santé, de l'égalité des sexes et du social pour l'ensemble des pays étudiés.
Les avantages du programme EVARS
Pour les enfants
Un ensemble de connaissances précieuses pour leur développement affectif et relationnel
Indéniablement, la mise en œuvre du programme dès l'école maternelle est, selon moi, un soutien à la famille, en ce qui concerne la découverte des parties de son corps, la notion d'intimité et de pudeur (réellement acquises à partir de 6 ans), la définition du consentement et d'un adulte de confiance. Ces ressources sont souvent difficiles à aborder pour les parents, malgré un bon nombre de ressources sur le sujet (livres, dessins animés, musiques), et offrir un parcours de formation commun aux enfants permet de mettre tout le monde au même niveau.
Voici les thèmes prévus et adaptés aux âges et niveau des enfants :
École maternelle : Connaître son corps, ses émotions, exprimer son accord et son refus et entendre celui des autres, comprendre la notion d’intimité, de consentement, identifier un adulte de confiance ...
École élémentaire : Avoir une bonne connaissance de soi, protéger son intimité, comprendre les relations humaines et ses différentes dimensions, connaître ses droits, repérer le harcèlement, le sexisme, promouvoir les relations positives, prévenir les risques d’internet...
Collège : Comprendre les changements de son corps, développer sa personnalité, choisir ses relations, trouver sa place dans un groupe, construire des relations réciproques et égalitaires, interroger les liens entre bonheur, émotions et sexualité...
Lycée (général et professionnel et CAP) : Prendre soin de son corps, développer une image positive de soi, faire des choix éclairés, se protéger et protéger les autres, reconnaître et comprendre ses émotions et celles des autres, désirer et vouloir, donner ou refuser son consentement, être libre d’être soi...
(Vous pouvez trouvez le détail dans le livret prévu par le ministère de l'éducation nationale à destination des équipes enseignantes et des familles)
Tout ces thèmes son essentiels au bon développement d'un être humain, et nous pouvons nous dire en tant qu'adulte que c'est une chance d'aborder cela dans une dimension éducative.
Un outil efficace de prévention des violences sexuelles
Offrir aux enfants un espace commun d'apprentissage permet de mettre tout le monde d'accord sur l'enjeu des violences sexuelles sur les enfants. Les violences sexuelles étant taboues et difficilement appréhendées par les enfants, les établissement scolaires et leurs personnels peuvent devenir des espaces de prévention, de refuge et de protection.
Je rappelle que l'article 34 de la CIDE stipule que " chaque enfant a le droit d’être protégé contre toute forme d’exploitation et de violence sexuelle " et il est notre devoir d'adulte de faire de son mieux.
Pour les adultes
Créer un espace de sécurité
Les enfants passent plus de temps à l'école qu'en famille, ces années sont déterminantes dans la construction d'un enfant. Il se crée un lien important entre l'enfant et l'adulte qui lui enseigne ses matières. C'est une occasion de rendre ce lien précieux et de se positionner en tant qu'adulte en figure de guide et de personne de confiance auprès d'eux. Avoir des relations riches (entre adultes et avec les enfants) et sécurisantes rend le temps de travail et l'investissement fourni par les enseignant.e.s plus épanouissants.
Participer au changement
Tous les jours, les adultes ont l'occasion de faire le choix de perpétuer une culture de la violence en laissant des situations continuer. Ou ils/elles peuvent choisir d'aller vers une nouvelle ère où les principes fondamentaux de la vie humaine sont respectés :
droit d'avoir une identité, à la santé, à l'éducation
droit à la protection, d'avoir un refuge, d'être protégé.e de toute forme de discrimination
droit de ne pas faire la guerre ni la subir, liberté d'information, d'expression et de participation
droit de jouer et d'avoir des loisirs, d'avoir une famille, d'être entouré.e et aimé.e
Le programme EVARS et sa mise en pratique
Qui peut enseigner ?
La mise en pratique soulève des questions, car cela est propre à chaque établissement. Il n'existe pas de profession spécialement dédiée à l'enseignement du programme et le personnel enseignant peut se retrouver en difficulté face aux sujets présentés. Infirmière scolaire, conseillère familiale, ou consultante en prévention des violences sexuelles (moi!), sont des options possibles pour faire les séances d'EVAR(S) exigées par la loi.
Inconvénients
Les thèmes abordés sont malheureusement soumis à l'interprétation et à la sensibilité de la personne qui les aborde. Je suis sensible à l’inclusion et à la bienveillance, car je ne sais jamais d’où vient l’enfant, son histoire, son environnement social et familial !
L'éducation nationale conseille, lorsque l'établissement fait appel à un.e intervenant.e extérieur.e, de faire le point en amont sur les sujets abordés et de quelle manière, et d'en informer aussi les familles.
D’expérience, je conseille d'organiser une réunion informative à destination des familles, pour instaurer une communication et apaiser certaines inquiétudes ! Si vous êtes intéressé.e, vous pouvez me contacter à ce sujet !
Je prévois toujours en fin de présentation une foire aux questions.